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Bisonó à l'ONU : la RD et la FSG en Haïti 2026

2026-09-22 · DR
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Bisonó à l'ONU : la RD et la FSG en Haïti 2026

Roberto Bisonó à l'ONU : la République dominicaine façonne l'architecture sécuritaire d'Haïti par mandat multilatéral interposé

À la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le chef de la diplomatie dominicaine conduit une campagne de lobbying active pour le renouvellement et le renforcement du mandat de la Force de suppression des gangs — tout en maintenant un déni formel de toute participation opérationnelle à l'intérieur du territoire haïtien. Cette posture n'est pas une nuance diplomatique anodine. Elle constitue la stratégie par laquelle Saint-Domingue exerce une influence déterminante sur la trajectoire sécuritaire de son voisin sans exposer le gouvernement Abinader au coût politique nationaliste qu'entraînerait un engagement militaire direct.

La logique est rigoureuse. Avec 250 429 déportations cumulées en 2026 vendues à un électorat dominicain sous le prisme de la nécessité sécuritaire, un rôle de combat en Haïti serait politiquement invendable. Mais un effondrement du mandat de la FSG forcerait Saint-Domingue à absorber seule les coûts d'une intensification des flux migratoires sur sa frontière sud. La défense du renouvellement à New York est donc, dans ses effets opérationnels, une politique frontalière conduite par canaux multilatéraux.

Cette architecture comporte un déficit structurel que la présentation dominicaine à l'ONU n'aborde pas publiquement. Des évaluations institutionnelles indépendantes et des rapports gouvernementaux américains ont documenté des armes à feu d'origine américaine transitant par le territoire dominicain vers Haïti — un corridor qui alimente directement la capacité des gangs que la FSG est mandatée pour supprimer. Plaider pour le renouvellement d'une mission tout en laissant intacte la chaîne d'approvisionnement qu'elle combat constitue une contradiction que les délégations américaines, françaises et canadiennes présentes à New York ont les moyens documentaires de soulever en bilatéral.

Le deuxième développement structurant de cette période est la transition du réseau de ports secs et de zones franches de 300 millions de dollars de l'annonce vers la mise en œuvre réglementaire. La réunion de coordination convoquée le 16 septembre par le MIREX marque le passage vers les mécanismes opérationnels. Ce projet répond à une réalité commerciale sévère : les exportations dominicaines vers Haïti se sont effondrées de 45,4 pour cent entre 2024 et 2025. La formalisation du corridor vise à récupérer ces flux. Mais elle impose simultanément des coûts de documentation et de conformité aux petits commerçants haïtiens qui constituent le tissu économique des marchés frontaliers binationaux — une vulnérabilité que la conception actuelle du projet ne contient aucun mécanisme public pour absorber.

Ces deux dynamiques — la campagne onusienne et la réforme du corridor commercial — s'inscrivent dans un schéma que l'histoire haïtienne documente depuis 1994 : les puissances extérieures et les États voisins structurent les conditions sécuritaires et économiques d'Haïti par des architectures multilatérales ou bilatérales dans lesquelles les intérêts haïtiens constituent une considération secondaire de conception. La MINUSTAH, CODEVI, et aujourd'hui la FSG couplée aux ports secs, suivent une même logique d'influence externalisée sans cogouvernance formelle.

La semaine onusienne en cours est une fenêtre d'engagement rare où plusieurs leviers convergent simultanément. Le libellé de toute résolution de renouvellement de la FSG, la progression des effectifs vers l'objectif de 5 500 personnels, et l'existence ou l'absence d'un engagement dominicain vérifiable sur l'interdiction du corridor d'armes constitueront les indicateurs les plus significatifs de la trajectoire sécuritaire d'Haïti pour 2027.

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